mercredi 13 septembre 2017

5 ans et 5000 hommes plus tard....

Encore un endroit trop trop moche pour passer la nuit!!




Mais il y a tout ce qu'on ne vous dit pas!
Pour en arriver jusqu'à des endroits comme
celui-ci, il nous faut parfois ramer et rouler de longs kilomètres. Avancer, reculer, faire des demi-tours, tâtonner...enfin bref, ça ne nous tombe pas sous les roues par l'opération du saint esprit.
Et là en l’occurrence, nous avons pas mal roulé pour arriver ici. Entre des points de bivouacs qui n'existent pas, des endroits ou il est interdit de se garer, des propriétés privées, des bouts de piste ou à peine sortis nous sommes assaillis par les moustiques... Les jolis endroits se méritent :-))) Même si ici au Canada, l’accueil est tellement chaleureux qu'il est possible de passer la nuit pratiquement de partout à partir du moment où il n'y a pas de panneau l'interdisant, mais nous essayons quand même de trouver des coins avec une chouette vue au réveil!

Quitte à vous mettre en avant les points négatifs de la vie nomade, je vais énumérer quelques différences avec notre ancienne vie sédentaire en France.

Lorsque nous avons besoin d'eau en France il suffit d'ouvrir le robinet ; ici il faut chercher des points pour remplir les réservoirs, et parfois ça nous prend beaucoup de temps. Et une fois les réservoirs pleins, nous sommes très attentifs à faire des économies de ce précieux liquide. Et notre conscience est ravie de ne pas évoluer dans la sur-consommation. Il arrive aussi qu'il ne soit pas possible de se garer près du robinet et dans ce cas là, ce sont les allées et venues avec les jerricans qui feraient presque regretter l'eau courante de la maison!

En France, nous en pensons jamais à nos eaux usées, nous payons nos impôts et basta ; ici une fois que les réservoirs d'eaux sales sont plein, il faut bien les vidanger (et pas à la sauvage sur le bord des routes), et c'est le même combat que pour l'eau propre. D'autant que les 2 ne sont jamais au même endroit!!

En France pour les petites et grosses envies, il suffit de tirer la chasse pour retourner vaquer à nos occupations ; ici il faut de nouveau trouver pour vider la boîte à c - - a, et ça non plus ça ne se trouve pas en claquant des doigts. D'autant moins que l'espèce de site qui recense les dump stations (ça s'appelle comme ça) est vraiment très aléatoire parfois sur les lieux. Une fois ça nous a emmenés au milieu d'une piste ou bien évidemment il n'y avait rien.... Et dans ce cas là, l'envie de tout vider à la sauvage nous traverse quelques secondes l'esprit avant que nous reprenions la raison :-)

En France une fois le tambour du lave-linge rempli il suffit d'appuyer sur le bouton et de revenir plus tard pour tout étendre ; ici il faut trouver les laundromat, avoir toujours l'appoint pour lancer les lessives et attendre que ça se passe. Et toujours avoir quelques petites pièces supplémentaires au cas où le linge ne soit pas totalement sec, parce que pas question d'étendre une lessive complète dans le fourgon!

En France lorsque nous allons faire nos courses, nous savons où se trouve quoi ; ici il faut changer sans cesse d'enseignes et repasser en revue tous les rayons pour trouver le minimum vital!

Enfin bref, chaque chose du quotidien est un peu plus compliquée qu'en étant dans une maison à un endroit fixe. Et c'est répétitif au quotidien,donc nous méritons d'avoir de très beaux panoramas pour compenser tout ça!!!! Non vous ne croyez pas?





Nous mettons à profit notre matinée sans école (c'est le week-end!) pour aller faire une randonnée sur la falaise au bout de la plage.





Oh le fourgon tout seul tout en bas!

Les points de vue valent les montées pour y arriver!












Après avoir pu observer la baie d'en haut, nous allons la voir de plus près en bas, la marée est basse, c'est le moment!


Ces morceaux de bois dans l'eau ci-dessous nous font penser aux perchoirs qu'utilisent les pêcheurs en Afrique. Ce ne sont que suppositions, personne n'est là pour nous le confirmer ou pas. Seuls au monde!


Le petit bout d'île ci-dessous était l'immense île de la photo de dessus, mais la marée remonte très très vite ici, nous sommes toujours dans la baie de Fundy.

Et 5 minutes plus tard, chrono en main, plus aucune trace de l'île, tout est sous l'eau, il est temps de regagner le chemin avant de se faire piéger par l'eau.




Et qui c'est que nous voyons débarquer? Nos 2 couples d'Allemands croisés quelques jours plus tôt. L'heure est au papotage de savoir qui a fait quoi, et celle du déjeuner arrive dans la foulée. Comme nous sommes garés à l'autre bout de la plage, chacun va casse-croûter chez lui.

Nous serions bien restés une journée de plus, mais nous décidons d'avancer pour que le voyage continue. Au revoir les copains Allemands!


La route reprend pour nous emmener profiter du fruit du travail de 5000 ouvriers pendant 5 ans sur le Pont de la Confédération et ses 12,9km de long qui relie l'ïle du Prince Edouard au continent.
Et il est impressionnant ce fameux pont, des lignes droites et de grandes courbes. Nous avons appris le lendemain que ces fameuses courbes ont été faites volontairement afin que les conducteurs ne s'endorment pas au volant et se retrouvent quelques dizaines de mètres plus bas....noyés








Pour accéder à l'ïle, 2 possibilités: ce pont ou le ferry. Mais aucun des 2 se paye à l'aller. Il est donc possible de profiter des 75 minutes de ferry pour l'aller et de revenir en ne payant que le prix du pont au retour (de l'ordre de la moitié du tarif). Ils sont sympas ces Canadiens!  Toujours à propos de ce pont, il y a un truc amusant, certains conducteurs sont effrayés pour conduire dessus. Il est possible d'avoir un chauffeur dédié pour prendre le volant de votre véhicule et ainsi éviter les éventuels soucis. Il n'y avait pas trop de vent lorsque nous sommes passés nous, mais c'est vrai que ça doit secouer quand il y a des rafales.

Notre point de chute est la ville de Summerside à l'Ouest du pont. Nous bivouaquons sur le parking tout au bout de la promenade, et avons le soir la visite de Monsieur Renard par l'odeur des poubelles attiré. On voit bien qu'il est habitué à cohabiter avec les humains. Il sait bien que nous l'observons à quelques mètres, mais ça ne le perturbe pas plus que ça. De nombreux panneaux demandent aux gens de ne surtout pas nourrir les animaux sauvages pour éviter les accidents. La consigne ne doit pas toujours être respectée.

Promenade que nous empruntons le lendemain matin pour nous rendre en ville.


Toute la promenade en bois longe le bord de mer avec de nombreux attirails pour faire quelques exercices....que seuls mes bonhommes pratiquent! Les très nombreux locaux qui empruntent la promenade le font en footing ou vélos mais ne touchent pas aux instruments. Nous ne sommes que des touristes après tout, bien repérables!!!










Une des maison cossue du bord de l'eau
La cabane aux écureuils. Ici il est possible de les nourrir. Nous en croisons un nombre indéfinissable chaque jour.






Accès direct à la mer (quand elle n'est pas à l'autre bout de la baie!)








Comme à de nombreux endroits, beaucoup de boutiques, restaurants, centres d'activités sont fermés dès la reprise des cours pour les enfants Canadiens. L'île du Prince Edouard qui est un lieu de vacances n'échappe pas à la règle. Nous devrons à l'avenir nous contenter de la luxuriante nature qui nous est offerte plutôt qu'aller jouer au minigolf!

Allez comme un petit rituel, quelques courses au Walmart d'à côté ne seront pas un luxe. Comment ça vous ne nous voyez pas sur le photo? Si le petit truc gris au milieu des 2 montagnes blanches!!

Aujourd'hui nous allons faire cap au point le plus à l'est de l'île. Et pour y faire quoi?
Pour y retrouver une famille voyageuse L'Opération Raclette - Burger . Ils sont originaires d'Aix les Bains et vont faire la boucle Amérique du Nord / Amérique Centrale sur 1 an. Nous sommes en contact avec eux depuis un peu plus d'une semaine. Leur van est arrivé un peu après le notre à Halifax et il était impossible de ne pas se croiser. Nous savions que leur bivouac du soir serait au phare de la pointe est de l'île.
Sans avoir de réseau (c'est souvent le cas depuis quelques jours), il était difficile de se caler pour être sûrs de se retrouver, mais l'opération a bien fonctionné. Un petit moment après notre arrivée, nous avons vu pointer le museau de leur superbe Volkswagen California dans nos rétroviseurs. Il faut dire que nous n'étions pas dehors, il faisait un froid de canard et il y avait du vent à ne pas tenir debout.

Il n'aura fallu que le temps de se garer pour que l'alchimie opère. Un peu comme si nous nous étions toujours connus et que nous nous retrouvions. Les enfants se sont immédiatement amusés ensemble et nous, nous sommes allés nous mettre à l'abri derrière le bâtiment du phare pour faire connaissance en prenant l'apéro avec une bouteille de Tarriquet qui n'était plus exceptionnelle après avoir accusé toutes les secousses des 3 mois de voyage entre la Scandinavie et son passage en fraude (rappelons-le sur le cargo!). Mais peu importait!
Les enfants sont rapidement allés se réfugier dans le van pour faire des jeux pendant que Cécile nous a fait cuire une grosse gamelle de pâtes que nous avons tous partagée. Nous nous sommes régalés et la remercions encore!
Nous nous sommes repliés dans le fourgon pour un dernier café (et thé pour Rodolphe qui a eu droit à un vrai jus de chaussette tellement il n'a pas osé mettre assez de thé pour que ça ressemble à quelque chose. il ne faut pas te gêner avec nous!!!) avant de se coucher. Les filles sont restées dans leur van pour dormir et Ptit Babzouk s'est endormi dans notre lit pendant que nous discutions. Nous avons passé une excellente soirée à partager ce que nous avons fait de commun, ce que nous avons fait les uns indépendamment des autres et ce que nous espérons faire dans les mois qui suivent.
Tout le monde s'est couché ravi de cette magnifique rencontre.
Le vent a soufflé de plus belle toute la nuit, nous étions ballottés comme des fétus de paille, et il ne faisait pas chaud. Les copains avaient serré leur van contre nous pour que notre carrosserie pare un peu le vent sur leur tente de toit.
Ils nous ont dit ne pas avoir eu froid au réveil, tant mieux!!
Le temps était toujours maussade et en plus du reste il pleuvait. Cécile a eu l'excellente idée d'aller au café du phare pour demander si nous pouvions nous installer tous dans un coin pour faire l'école aux enfants. Et bien entendu, ils nous ont dit que nous pouvions rester toute la matinée s'il le fallait.

Et voilà une belle brochette de niveaux pour faire classe à l'abri du sale temps en sirotant nos grands verres de café. Clémentine pour la classe de 6ème, Valentine pour le CM1 et Ptit Babzouk pour le CM2 pendant que Rodolphe s'attelait sur son ordinateur.
Encore une excellente matinée tous ensemble. Ces rencontres font un bien fou!

Comme nos itinéraires sont similaires pour au moins les 3 semaines à venir, c'est tout sourire que chacun a repris sa route de son côté en sachant que nous nous croiserons à nouveau pour le plus grand plaisir de tous. Ils allaient se diriger vers un camping pour la nuit suivante pour faire toutes les taches du quotidien, lessives, douches.... Quant à nous, n'ayant ni besoin d'eau, ni de vidanger, nous pouvions repartir pour un bivouac en pleine nature.
Après une halte au village voisin ou nous avions repéré une laverie la veille, nous voilà partis pour l'exploration d'un des nombreux parcs nationaux de l'île. Nous mettons le cap sur celui de Greenwich qui n'était pas trop loin.
Nous avons passé l'après-midi à faire toutes les randonnées répertoriées du parc, dont la sublime qui mène aux dunes par un très long pont flottant.









Et nous en avons pris plein les yeux, dans tous les sens du terme! De par la vue majestueuse alentours et par le sable qui volait de partout avec les monumentales rafales sitôt arrivés sur la plage.

















Tiens, on a trouvé un humérus

Puis un lapin, sans qu'il y ait de rapport entre les deux!
Une fois désensablés au moins au minimum, nous reprenons la route pour quelques kilomètres. Nous avions vu sur Ioverlander un point de bivouac sur la plage a proximité du parc, mais impossible d'y rester tellement le vent était violent et les vagues énormes. Nous sommes donc allés nous replier quelques 100m plus loin à l'abri d'un hangar sur le petit port de pêche aux homards. Avec la fatigue de s'être couchés tard la veille plus les nombreux kilomètres de marche, nous avons dormi comme des bébés malgré le vent!


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