samedi 2 décembre 2017

Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps...

Aujourd'hui c'est Thanksgiving et c'est très certainement un des jours les plus importants de toute l'année pour les Américains. On nous demande de partout si nous sommes prêts pour fêter ça. Euh oui, autant qu'hier et que demain!

Et comme de bien entendu cela signifie aussi que
la poste (non non elle ne nous obsède pas!) sera fermée. Inutile de rester plantés comme des légumes dans le quartier pour attendre le lendemain, autant mettre à profit la journée pour aller visiter quelque chose d'autre.

Nous pensons savoirs que les copains du Monde est à Eux ne sont pas très très loin de nous puisqu'après nous être séparés à Lake Louise au Canada, nous avons fait une boucle inverse chacun de notre côté. Et c'est bien ça, nous sommes chacun à équidistance du Mojave National Preserve. Impeccable, nous pouvons nous rejoindre au Visitors Center du parc. Nous nous calerons sur nos heures d'arrivées une fois sur place. C'était une fois de plus sans compter sur l'absence totale de réseau et pas non plus de Wifi, ce qui est très rare dans les parcs.

Bref, en attendant, nous allons prendre les traditionnelles cartes du parc et des trails comme à chaque fois  et là nous tombons sur un couple de français, Edith et César avec leur petit garçon Solal. Nous restons une bonne partie de l'après-midi en leur compagnie à discuter. Ils arrivent d'Asie, eux font un tour du monde en mode backpacker, exception faite aux Etats-Unis où ils viennent d'arriver et ont acheté un vieux van pour circuler pendant plusieurs mois. La nuit tombe très très vite ici, après 16h30 il ne faut plus trop compter faire grand chose. Nous décidons d'attendre les copains qui ne sont toujours pas arrivés et de rejoindre ensuite Edith et César partis monter leur toile de tente  avant la nuit sur un bivouac à l'intérieur du parc pour passer la soirée tous ensemble.

Nous attendons jusqu'à ce que la nuit tombe et décidons de partir retrouver Edith et César. Nous retrouverons bien les copains du Monde est à Eux demain dans le parc. Il fait déja nuit noire et n'arrivons pas à trouver l'endroit que nous nous étions montré sur la carte sans plus de précisions. Il semblerait qu'il faille prendre une piste, mais c'est trop risqué sans aucune visibilité de se lancer en dehors de la route principale. En plein désert, tout se ressemble et évidemment il n'y a pas de panneaux clignotants pour les bivouacs sauvages!

Nous rebroussons chemin et retournons aux alentours du Visitors Center. Le parc est immense, et ce serait inconscient d'en ressortir pour ce soir surtout avec les abus des uns et des autres en cette soirée toute particulière pour les locaux. Nous nous planquons à quelques centaines de mètres du centre, sur le parking complètement noir d'un bâtiment en construction. Nous n'avons pas le droit, mais tant pis pour cette fois. Et la nuit fut d'une tranquillité absolue! Nous ne poussons pas le bouchon non plus trop loin, nous nous réveillons tôt le lendemain matin et retournons nous garer sur le parking du centre pour faire l'école, là où nous sommes autorisés à l'être.

Au final, les copains sont arrivés un peu plus tard la veille et pareil que nous, pas moyen de se contacter. Ils ont du passer tout près de nous sans nous voir et ont dormi un peu plus loin dans le parc. Et nous n'avons malheureusement pas pris les coordonnées d'Edith et César en pensant passer la soirée ensemble! C'est bien dommage, nous ne nous sommes pas recroisés les uns et les autres dans l'immensité du parc.

Nous sommes en plein désert de Mojave, au milieu des innombrables cactus, des tarentules, des scorpions, des coyotes et autres bestioles sympathiques qui sont les seules à résister à ces milieux hostiles. Nous ne croiserons qu'un coyote et contrairement aux ours, nous n'avions pas plus envie que ça de croiser autre chose!

Impossible de faire la tournée générale du parc en une seule journée, nous tablons sur un des trails que nous avons vu hier sur le film de présentation. Mais pour arriver jusque là, il nous faut emprunter une piste. Nous ne savions pas si c'était long ou pas, très tôle ondulée ou pas, mais nous y allons. Et c'était plus de 50km sur une piste totalement défoncée.

Centrale solaire en plein désert.

Et voilà la piste

Et ici le paradis de Marie avec des cactus de toutes les formes à perte de vue


Allez un peu de piste encore




Ouf Nous voilà enfin au bout! Avec pour bilan de ces énormes secousses: une ampoule dévissée, les stores tombés, le robinet d'eau ouvert....

Nous arrivons à peine sur le parking qu'une famille vient nous retrouver. Ils sont français et habitent en Californie depuis 5 ans. Sans hésiter, ils nous invitent à passer chez eux si nous le souhaitons lorsque nous serons près de Los Angeles. Ils nous ont dit habiter à 30min de route lorsque ça roule, ce qui est très rare! C'est prometteur pour la suite, nous qui adorons les grandes villes, hum! En tous cas, merci beaucoup à eux pour la proposition, même s'il est peu probable que nous passions près de chez eux.

C'est parti pour le trail, ça doit juste être impossible en plein été. Nous sommes déjà abrutis par la chaleur en cette fin novembre.


Rocher avec pétroglyphes des premières nations


Un bon coussin!







Tout le final du trail se fait en se faufilant entre les rochers et en s'accrochant avec des anneaux pour progresser. Bien chouette!
 

Nous ressortons du parc en milieu d'après-midi pour reprendre une nouvelle fois le chemin de la poste où "It's your lucky day" nous dit le postier. La lettre était bien arrivée. Merci Eric pour ton envoi, je peux dorénavant me servir de mon nouveau téléphone qui fonctionne comme une fusée, ça change!
Nous avions bien entendu retrouvé du réseau et avons pu reprendre contact avec les copains qui étaient partis du coup faire autre chose de leur journée à l'opposé de nous. Nous nous calons dans les détails pour nous retrouver ce soir même et tant pis si le réseau nous fuit, nous savons où nous serons!

Et c'est là que nous nous apercevons de la petitesse du monde, nous nous sommes retrouvés un camping-car derrière l'autre sur l'immense autoroute qui arrive de Las Vegas ou des millions de voitures circulent. Incroyable!

Et c'est avec grand plaisir que nous retrouvons ces bivouacs ou nous nous installons, ou nous oublions de manger en nous racontant tout ce que nous avons vu depuis la séparation, ou les enfants jouent sans plus se soucier de nous, ou nous restons jusqu'à pas d'heure à papoter (22h! La nuit tombe tellement vite que nous vivons avec les heures de clarté, tôt le matin et tôt le soir. Et tout le monde était claqué avant l'heure du crime!). Nous avons une nouvelle fois passé une superbe soirée tous ensemble en faisant la connaissance de Florent, un ami de Pauline et Lionel qui voyage avec eux depuis quelques jours dans Aloha leur camping-car avant de trouver son van de location le lendemain.





Nous décidons le lendemain matin de tous aller ensemble à Red Rock Canyon, un parc tout à proximité de Las Vegas. Le choix n'a pas été judicieux, ce parc semble être le coin nature de la grande ville. Des bouchons à l'entrée, impossible de garer nos 2 véhicules ou que ce soit tellement les places étaient prises d'assaut. Nous ne ferons que la route scénique qui traverse en mangeant un bref sandwich ensemble sur un bout de parking bondé! Nous avons évoqué la possibilité de retourner tous ensemble à Vegas le soir même, mais les copains ne comptaient pas y passer la nuit, ils allaient retourner sur le bivouac de la veille plus proche de leur route, la notre étant à l'opposé. L'idée est abandonnée de notre côté.
C'est donc à la sortie du parc que nos routes se séparent une nouvelle fois. C'est toujours un grand déchirement de regarder partir ceux qui sont devenus nos amis. Ca ne l'est pas pour tous les gens que nous croisons de manière plus éphémère, et avec qui l'accroche est moindre mais depuis le départ, quel grand vide de dire au-revoir à Pauline, Lionel et les enfants du Monde est a Eux, Cécile, Rodolphe et les filles de l'Opération Raclette - Burger, Soizic et Sarah de la Dodge Hippie Family pour ne citer qu'eux! Nous vous aimons les copains :-)

En ce qui nous concerne, un autre grand désert nous attend. La fameuse et redoutable Death Valley. L'endroit où il est strictement interdit de circuler à pieds ou en vélo, cette immensité ou il nous est demandé d'avoir au minimum 4l d'eau par personne avant de s'aventurer sur les routes.

Bon d'accord, nous n'entrons pas dans le cadre des statistiques de l'extrême, nous n'avons eu au plus chaud que 33°, alors qu'il en faisait 45 quelques semaines auparavant!

Au risque de faire bondir certains voyageurs qui eux ont connu des chaleurs très très éprouvantes pour les organismes, nous avons quant à nous bien apprécié cet endroit très spectaculaire et complètement lunaire comme nous n'en avons vu nulle part ailleurs de tous nos voyages. Nous n'aurions probablement pas eu le même discours en plein mois d'août :-)











Nous sommes montés jusqu'au bout de la route du parc pour crapahuter sur les flancs du volcan Ubehebe où nous avons même eu un tantinet froid. Il a fallu enfiler les vestes pour se balader.














Le bout de la route, c'est à dire plus de 100km, il était déjà bien tard à la redescente pour aller où que ce soit d'autre dans la vallée et nous nous sommes repliés juste avant l'entrée du parc pour bivouaquer en lieu et place d'un ancien camping abandonné où seules restaient les dalles de béton des emplacements. Nous n'étions pas les seuls à bivouaquer dans le coin! C'était assez surréaliste.

Dès le lendemain matin, nous sommes allés de l'autre côté du parc où le spectacle était radicalement différent de la veille. Nous avons fait la boucle des Artists Palette ou chaque morceau de rocher pourrait bien être sur la palette d'un peintre de par le panel des couleurs (peu représentatif sur les photos).



Le long bandeau noir au milieu du gris de la vallée




Et puis ensuite tout au bout de l'autre côté dans les badwaters, là ou la vallée n'est qu'un vaste lac de sel asséché où seules quelques petites mares demeurent on ne sait par quel miracle. Et il y a même des petits poissons, les Pupfishs ont réussi à traverser les années et à s'adapter à ce milieu unique.
Nous sommes descendus ici à 86m sous le niveau de la mer. Décidément nous côtoyons tous les extrêmes!



Sur le retour des badwaters, nous avons essuyé une grosse grosse tempête de sable. Il était impossible de sortir sans se faire bousculer par le vent. Nous avions vu la veille au Visitors Center que la météo prévoyait un peu de pluie. Nous aurions vécu un moment unique ici en voyant de l'eau tomber. Enfin avec l'image de cette aride Death Valley que nous avons, parce qu'il arrive qu'il pleuve et bien souvent ça peut rapidement devenir une catastrophe avec le ravinement et ce qu'ils appelent des Flashs Floods (inondations soudaines).

Ca n'aura pas duré longtemps, 1 bonne heure et le ciel est redevenu tout bleu pendant que nous étions en train de déjeuner dans l'oasis au milieu du désert à Furnace Creek, seul lieu de vie dans la Death Valley.




Nous avons de nouveau croisé une famille française d'abord en se saluant sur la route et en nous retrouvant ensuite au Visitors Center. Eux sont sur les routes du continent Américain depuis 2 ans 1/2 avec leurs 2 enfants du même âge que Ptit Babzouk qui en a profité pour aller jouer aux légos dans leur grand camping-car pendant que nous discutions. Nos routes risquent de se croiser de nouveau dans les semaines à venir. Un jeune couple Suisse voyageant à bord d'un petit van était aussi présent avec nous tous.

Juste pour les prochains voyageurs de la Death Valley, de très nombreuses recommandations sont affichées de partout quant à avoir toujours le plein d'essence avant de lancer sur les routes. Nous confirmons qu'il faut bien les suivre! Notre petit fourgon très peu gourmand habituellement nous a affiché une belle consommation de plus de 28l sur la route de la sortie de la vallée où il faut passer de -86m à plus de 1300!


La preuve en image que le Nutella ne fait pas grossir!

Sortie de trousse!


Non mais qu'est-ce que c'est que ces géants à droite?

Indispensable eau dans la Vallée de la mort!

6 commentaires:

  1. Ça va aller comme ça les photos du volcan et d éruption à Végas...On a assez donné...;-)
    C est quoi les dernières photos??Photos-montage?Hâte que vous l expliquiez ça...

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    1. Non ce ne sont que des photos sorties brutes de l'appareil!

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  2. Profitez bien !!! ne revenez plus ici il y a toujours du boulot.... vive les vacances
    Pechou

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    1. Nous ne sommes qu'en mi-vacances! Il n'y a que le boulot pour lequel nous ne nous levons pas le matin!

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  3. Réponses
    1. Même si nous en avions croisé une, j'suis pas sure qu"elle serait en photo!

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