mardi 19 décembre 2017

Article 5: ....tout le reste n'est que privilège"

Aie, aie, aie, cela fait maintenant des jours et des jours que nous ne sommes pas venus écrire sur le blog.
Notre seule excuse est que nos journées ont bien été chargées à l'approche du retour de P'tit Babzouk
en France.

Nous vous avons un petit peu laissés sur le bord de la route, mais celle-ci n'était pas totalement déserte comme en témoigne cette approche de San Francisco. Il y avait un bel accident à l'entrée de la ville, mais quand même nous avons bien eu le temps de regarder les abords.







Il a fallu traverser toute la ville, et comme c'est devenu maintenant habituel, le GPS nous fait circuler au milieu des buildings (peu nombreux ici, ouf!), et ensuite dans les fameuses rues en pente (pas douce) de la ville avec en toute logique des stops savamment bien placés à chaque sommet des rues (si nous avions eu des cierges, nous les aurions fait brûler à chaque redémarrage! Non je déconne!!) pour arriver jusqu'à notre bivouac. Ça y est, c'est bon, nous avons fait notre grand tour gratuit des montagnes russes, nous sommes au bivouac! Et quel bivouac! Certainement le plus bel endroit pour dormir à San Francisco tous hébergements confondus et surtout sans dépenser un sou! Le Vista Point à la sortie du Golden Bridge, juste en face de la ville, de l'autre côté de la baie et seulement à quelques mètres du célèbre pont.
C'est certes un petit peu bruyant, mais le spectacle permanent comble rapidement ce petit désagrément.
Et évidemment, nous n'allons pas faillir à ce qui devient maintenant notre spécialité, nous n'avons pas ou peu de photos à vous montrer de cet endroit incontournable pour tout camping-cariste (avis personnel!). Nous allions nous atteler à le faire après nous être assis un bon moment sur le parapet pour regarder le spectacle entre le ballet continuel des énormes cargos qui croisent devant nous, le flot grossissant des véhicules sur le pont, la ville qui commence à s'illuminer à la nuit tombante, et enfin l'île d'Alcatraz juste devant nous, que nous rencontrons un couple français avec ses 2 enfants qui se sont arrêtés en voyant le camion immatriculé en France. Ils viennent de s'installer à San Francisco depuis 3 semaines, le monsieur informaticien ayant été muté ici à la Mecque de l'informatique.. Nous restons là un long moment à discuter pendant que les enfants jouent à proximité. Et bim! Les photos sont passées à la trappe, il était bien tard lorsque nous sommes rentrés, mais croyez-nous sur parole, quel bonheur de pouvoir dîner avec toutes les fenêtres du camion qui nous réjouissent d'un magnifique  panorama à 360°.




Ce qui est parfait est que nous pouvons laisser le camion garé ici toute la journée en plus de la nuit pour aller se balader en ville sans avoir à chercher où se garer. Le désavantage est que le bus pour traverser le pont et se rendre de l'autre côté de la baie est beaucoup plus cher que le réseau des bus de la ville. Tant pis, nous avons payé pour l'aller, mais pour rentrer ce soir, nous nous arrêterons au plus près du pont et nous le traverserons à pieds. Les 2 côtés sont aménagés pour vélos et piétons. Non mais!

En allant jusqu'à l'arrêt de bus, nous tombons sur cette machine étrange, qui n'est autre qu'une machine pour déposer automatiquement les cônes de chantier sur les routes pour les travaux.

Nous nous rendons directement au Pier 39, sûrement l'attraction la plus populaire de la ville avec ses lions de mer. Mais avant de vous parler d'eux, qui est ce Pier, 39ème du nom? C'est l'une des jetées de la baie de San Francisco. Toutes sont des Pier numérotés. Il y en a une quarantaine de ce que nous avons vu. Les chiffres ne se suivent pas tout le temps (il faut bien garder un côté drôle à l'affaire!), mais c'est tout de même bien pratique pour se repérer pour les différents endroits où nous souhaitons aller.

Revenons à nos lions de mer. Savez-vous par quel truchement du hasard ils ont élu domicile sur cette jetée?

Il faut avant tout savoir que derrière la présence de ces lions de mer, il n’y a ni lien avec l’aquarium tout proche, ni publicitaire de génie ni marque à vendre : les phoques sont venus ici de leur propre chef et y restent volontairement.

Leur arrivée massive remonte en janvier 1990, juste après le tremblement de terre de Loma Prieta qui a secoué San Francisco en octobre 1989. Ils sont venus trouver refuge dans la marina et ont totalement colonisé la jetée 39. Les spécialistes du Marine Mammal center ont été consultés et, après moult débats, ont donné leur verdict : mieux valait laisser les phoques là où ils étaient, à la « maison » qu’ils s’étaient choisie. Un endroit idéal, à l’abri de tout prédateur.
Depuis, la colonie (de 300 individus au départ) n’a cessé de croître. Leur nombre varie en fonction de la période de l’année, mais ils sont toujours là, 25 ans après et attirent la foule de curieux qui vient les observer se castagner pour un bout de ponton. Nous n'avons pas dérogé à la règle et sommes restés là un bon moment aussi.






Les petits malins ont bien profité des lions de mer pour créer une énorme zone touristo-commercialo-made-in-china sur le même quai. C'est ma foi de bonne guerre, d'autant que les agencements des boutiques sont assez mignons.


En toile de fond Alcatraz


Nous avons fait des propositions d'activités à Ptit Babzouk qui aime autant les grandes villes que nous (hum!) et son choix s'est porté à quelques pas de là, à l'aquarium de la Baie. Ce n'est pas immense, mais c'est un chouette aquarium, notamment avec l'immense tunnel que nous traversons en étant entourés par les raies, les requins,les esturgeons...













Direction le Fisherman's Wharf, le quartier des pêcheurs, quelques Pier plus loin pour aller se sustenter. Et là, nous ne résistons pas et nous offrons des produits de grand luxe: des viennoiseries sucrées et salées de chez Boudin que nous payons à prix d'or! Le grand luxe varie d'un pays à l'autre! Mais qu'est-ce que c'était bon!! Nous avons d'ailleurs rempilé un plus tard pour une Clam Chowder servie dans une boule de VRAI pain frais, miam!

Ici en bord de mer, le principal est d'être vus. Tout le long des quais les arts de la rue sont dignement représentés pour le plaisir des badauds. Et sur la route qui longe tout est aussi mis en œuvre pour attirer les yeux, comme cette voiture surélevée de l'arrière avec une sono digne d'une salle de concert. Nous en avons vu d'autres avec d'autres styles loufoques. Nous pensons qu'il s'agit du fond de commerce de leurs propriétaires pour balader les touristes (sans certitude toutefois). Les chauffeurs ressemblant aux images clichés des rappeurs américains emberlificotés dans d’innombrables grosses chaînes en or (ou de couleur dorée tout du moins!).

Nous prendrons ensuite le réseau des vieux tramways pour aller nous balader, préférant les transports comme les locaux plutôt que le célèbre Cable Car, l'ancien tramway en bois à traction devenu un joli piège à touristes. Le prix du billet pour ce Cable Car est de 7$ par personne pour un trajet. Et c'est kif-kif que l'on fasse la ligne entière où que l'on descende 2 arrêts plus loin. Nous avons donc opté pour faire son trajet en se promenant à pieds, en le voyant tout aussi bien et en pouvant flâner de partout! Et puis ces vieux tramways que nous avons empruntés sont tous plus jolis les uns que les autres. Il s'agit de vieux wagons italiens, anglais ou américains, datant de la première moitié du XXe siècle. Une flotte hétéroclite qui nous ravit lors de la balade et les tickets fonctionnent dans tous les autres transports urbains s'il faut aller ailleurs. La remise en circulation de ces véhicules historiques est le fruit du travail de passionnés, réunis au sein d'une association qui oeuvre depuis 1976 pour les restaurer et les remettre en circulation à San Francisco.

Nous sommes ici devant le grand stade des Giants de SF, l'équipe de base-ball locale qui attire les foules lors des rencontres. Il est possible de visiter cette antre, mais elle était malheureusement fermée lors de notre passage tout comme la boutique du club. Nous n'avons décidément pas de chance au Etats-Unis pour aller voir une rencontre d'un des sports qui sont religion ici. Heureusement que nous avions eu notre dose de Hockey au Canada!

Et comme nous vous l'avons écrit un peu plus haut, nous retrouvons ici les sièges de tous les grands de l'informatique dans le monde.


La fin de l'après-midi va se passer dans le quartier de Chinatown. une fois passé le porche de la ville dans la ville, nous sommes transportés sur un autre continent avec de très nombreuses échoppes qui vendent tout et rien à des prix défiant toute concurrence. Grosso modo quasi les mêmes articles que ceux des quartiers en bord de mer, mais avec des prix divisés par 3 ou 4! Et puis le grand marché alimentaire avec des étals qui regorgent de fruits de toutes les couleurs.



Vue du quartier des affaires depuis Chinatown

Le fameux Cable Car qui descend une des rues


Et comme nous l'avions décidé le matin même, nous revoilà au pied du Golden Bridge que nous allons traverser à pieds pour regagner la maison. Alors autant vous dire la vérité plutôt que vous faire rêver: la traversée est interminable et très pénible avec le bruit des très très nombreux véhicules. Ca n'a pas été du tout une partie de plaisir, et ce n'est pas à refaire même si la vue était magnifique de nuit. Nous l'avons fait, c'est bien, point à la ligne!

Nous décampons de notre bivouac de rêve très tôt le lendemain matin pour aller nous garer de l'autre côté du pont dans le parc Presidio car nous avons un rendez-vous important à 9h30 sonnantes. Et il nous aura bien fallu se lever à l'aube pour arriver pile à l'heure au Pier 33 (avec les embouteillages et les bus pour nous y rendre) pour un embarquement immédiat à destination de l'île d'Alcatraz.


Au loin le Golden Bridge. Pour vous donner une idée, notre bivouac était tout au bout du pont à droite


Nous approchons de cette fameuse île passée tour à tour de Citadelle d'Alcatraz, de Prison d'Alcatraz, de l'île occupée par les Indiens à maintenant Parc National. C'est la période où l'île était la prison la plus redoutée des Etats-Unis qui nous intéresse pour la visite du jour, tout comme les très nombreux voisins de traversée.




Les premières choses que nous voyons en arrivant vers le quai de débarquement sont les inscriptions faites par les Indiens sur les points les plus hauts et les plus visibles de l'île comme cet "Indians Welcome". Juste un petit topo sur l'occupation de l'île avant de revenir vers la prison.
Une fois la prison fermée, des militants indiens sont venus occuper l'île à 3 reprises, d'abord en 1964, puis au début et à la fin du mois de novembre 1969. La première fois, ils n'y restèrent que 4 heures, mais 5 ans plus tard, le 9 novembre 1969, une petit groupe d'indiens débarqua sur l'île et revendiqua Alcatraz au nom des "Indiens de toutes les tribus". Une telle coopération inter-tribale était sans précédent. A partir de fin novembre, des Indiens de diverses tribus vinrent gonfler le nombre des occupants et y restèrent 19 mois. Les Indiens offrirent au gouvernement américain d'acheter Alcatraz pour un montant de 24 dollars en colliers de perles, tissus et autres marchandises. Dans une proclamation au "Grand chef blanc et à tout son peuple", ils soulignent avec ironie qu'Alcatraz leur semble tout à fait convenir à l'établissement d'une réserve Indienne, puisque l'île ne dispose d'aucun équipement moderne, que le sol est rocailleux et stérile et qu'il n'y a aucun gibier! L'occupation de cette île célèbre a fait prendre conscience du problème Indien, les médias et le grand public ont soutenu les occupants. Soutien qui s'est étiolé au fil du temps, la difficulté de s'approvisionner en nourriture et eau, de trouver de maigres financements contraignit de nombreux Indiens à renoncer. La poignée de derniers occupants fut délogée par les agents fédéraux en 1971.
En attendant, tous les bateaux qui ont été et sont à l'approche de San Francisco passent obligatoirement devant l'île d'Alcatraz et ne pouvent que s'incliner sur le fait que les premiers natifs du territoire étaient bien les Indiens. 



Nous pouvons déambuler sur l'île à notre guise avant de nous rendre à l'intérieur du bâtiment des cellules.

Mirador



Ancienne manufacture où travaillaient les détenus

Tout le personnel du pénitencier habitait sur l'île avec leurs familles entières. Ils avaient leurs propres appartements, leur école, leurs terrains pour jouer, etc. Tout ce petit monde vivait dans ce qu'ils appelaient le "village". Personne ne fermait sa porte à clefs. La tranquillité était acquise pour eux, bien qu'à seulement quelques mètres des détenus les plus redoutés du pays. L'île étant à seulement quelques encablures de San Francisco, il était alors très aisé pour tous ces gens d'aller sur le continent quand bon leur semblait pour un restaurant par-ci ou un film au cinéma par-là avant de regagner leur île de "privilégiés" qui avait la plus belle vue qui soit sur la ville en face.
L'ancien centre de divertissement pour le personnel avec entre autres un bowling.

Le gigantesque réservoir à eau, puisqu'il n'y avait pas d'eau courante ici.


Nous entrons maintenant dans le coeur de la prison, le bâtiment des cellules. un audio-guide en français installés sur nos oreilles. Nous sommes littéralement transportés à l'intérieur d'un film. La visite qui nous fait passer de lieu en lieu est commentée par un ancien maton qui nous fait vivre à l'heure des détenus. De leur quotidien aux tentatives d'évasions. Tout nous est expliqué dans le détail pour cette visite extraordinaire.
Mais que représentait cette fameuse prison?
Elle était la plus redoutée de tous les détenus du continent. Quiconque faisait un faux pas risquait de se retrouver enfermé dans ces cellules d'où on ne s'évade pas (ou peut être pas, comme mentionné ci-dessous!).
L'un des articles du règlement intérieur de la prison est très évocateur quant à la condition des détenus.

Article 5: "Vous avez le droit d'être logés, nourris, blanchis, et soignés si nécessaire. Tout le reste n'est que privilège"

Au cours de la crise des années 30, le tout nouveau ministère de la Justice entreprit de créer sur l'île une prison de haute sécurité. Les barreaux en acier doux furent remplacés par d'autres inattaquables, et des postes de tir furent construits à chaque extrémité des deux principaux blocs de cellules. 6 miradors furent élevés à l'extérieur de la prison. On tendit des fils de fer barbelés et d'épais grillages, et l'on installa des détecteurs de métal. Le bloc D, également appelé unité d'isolement ou de traitement spécial fut quant à lui entièrement réhabilité, et certaines cellules furent équipées de portes électriques.
Parmi les 1545 criminels incarcérés au fil du temps à Alcatraz, seuls quelques uns sont devenus célèbres: Al Capone (qui avait perdu les pédales avec sa maladie et qui en était d'autant pus dangereux), "Doc" Barber, Alvin "Creepy" Karpis, George "Machine Gun" Kelly, Floyd Hamilton et Robert Stroud, surnommé "Birdman of Alcatraz" pour ne citer qu'eux.
La plus célèbre des 14 tentatives d'évasion d'Alcatraz eut lieu en juin 1962. Frank Morris et les frères Anglin réussirent à s'enfuir de l'île à la nage, sans doute avec l'intention de rejoindre San Francisco, utilisant des manteaux imperméables comme bouées. On suppose qu'ils ont péri noyés, bien que leurs corps n'aient jamais été retrouvés. La distance avec le continent bien que faible doit faire affronter une eau glaciale et des courants énormes qui réduisent la possibilité quasi au néant. La légende dit aussi qu'ils ont peut être réussi à gagner l'Amérique du Sud, forts de leur Espagnol impeccable qu'ils ont appris pendant leur incarcération. Nul ne sait....




Cellule type

La cour qui servait aux sorties









Le parloir avec d'énormes restrictions sur les rares visites.





Une des cellules des évadés de juin 1962 avec dans le lit la tête de mannequin confectionnée par les détenus pour retarder leur recherche.

La cuisine séparée de la salle du réfectoire par d'énormes grilles.

Robert F.Kennedy, à l'époque ministre de la Justice fit fermer Alcatraz en 1963 en raison des coûts de gestion et de maintenance trop élevés. Les détenus furent alors transférés vers d'autres établissements pénitentiaires.

Cette visite est vraiment pour nous un incontournable en étant à San Francisco.

L'après-midi est déjà bien entamée et il est temps de rejoindre notre dernier point de visite de la ville: la Lombard Street.
Lombard Street est mondialement connue pour une portion spécifique sur Russian Hill entre Hyde Street et Leavenworth Street le long de laquelle la chaussée est constituée de huit virages très serrés qui lui ont permis d'obtenir la distinction de « la route la plus sinueuse des États-Unis ».
La conception sinueuse a été suggérée en premier lieu par le propriétaire foncier Carl Henry, puis mise en application en 1922, afin de réduire la pente de 27 %, trop abrupte pour que la plupart des véhicules puissent la remonter. Elle était également un réel danger pour les piétons. Cette pente a été réduite à 16 % d'inclinaison. La partie sinueuse de cette rue est pavée de brique et est réservée à un usage à sens unique, vers l'est, en descendant.

Des petites images pour vous montrer l'inclinaison des rues avant d'arriver à la Lombard Street, c'est impressionnant. Il vaut mieux faire vérifier l'état de ses freins et frein à main régulièrement et avoir une poigne de fer pour retenir les portières à leur ouverture!



Et voilà la fameuse portion sinueuse de la Lombard Street




Toutes les maisons sont magnifiques le long de la rue, mais quels "emmerdements" pour les propriétaires qui voient un flot éternel de badauds venus photographier à qui mieux mieux leur rue, sans compter le nombre impressionnant de véhicules juste venus caméras enclenchée descendre ces 8 virages mythiques!





Nous regagnons notre parking à pieds en passant par les superbes quartiers avec les maisons Victoriennes qui commencent à bien être décorées en vue de Noël qui se rapproche.






Toujours le Cable Car


Nous pouvons rester sur ce parking pour la nuit et c'est tant mieux, nous sommes bien fatigués par ces grandes balades. La nuit est bien plus calme que sur le bivouac précédent, mais la superbe vue n'y est plus. On ne peut avoir le beurre, l'argent du beurre et caetera...

Et oui, l'île d'Alcatraz est un Parc National et qui dit Parc National dit "opération Junior Ranger" réussie brillamment par notre Ptit Babzouk qui a obtenu son dernier badge aux Etats-Unis. Nous pouvons maintenant vous montrer sa veste de Ranger bien décorée ;-)


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