samedi 16 septembre 2017

Ca vaut bien un article!


Nouvelle journée,
Nouveau Parc,
Nouveau Renard!



Cécile de l'Opération Raclette - Burger nous a donné une manière de voyager que nous n'avions pas ou peu utilisée jusque là. Eux ne trimballent pas
avec eux Lonely Planet, Guide vert Michelin, Routard ou même Petit Fûté. Non rien de tout ça, mais ils vont systématiquement dans les visitors center glaner tous les prospectus et autres livrets concernant la région où ils se trouvent. Jusque là, nous avions opéré de la même manière, mais là où réside la différence, c'est que nous n'allions pas au plus profond des petits encarts qui y sont nichés. Fêtes, foires et évènements locaux y sont bien recensés. Et comme nous sommes en septembre, qu'il reste peu de vacanciers, ces évènements permettent vraiment une immersion avec la population locale.
Quelle bonne idée de ne pas se cantonner uniquement aux sites à voir absolument répertoriés dans tous les guides.

Nous voilà avec nos petits livres, et après avoir épluché toutes les nombreuses pages, nous jetons notre dévolu sur 2 endroits à aller explorer au centre Nord de l’ile du Prince Edouard.

Ces expériences apporteront de nouvelles pierres à l'édifice pour prouver une nouvelle fois la générosité et l’accueil des Canadiens.

Tout d'abord, nous avions repéré La banque des fermiers de Rustico avec la maison Doucet. Repérer ne signifie pas se faire l'idée juste!! Nous avions compris qu’il s’agissait d’une ferme dans laquelle il était possible d’aller aider à la récolte des légumes du potager et participer à un repas préparé dans la maison Doucet qui est une des plus ancienne bâtisse de l'île. Une fois arrivés sur place, pas de ferme en vue, mais une grande bâtisse en briques. Je me faufile donc à l'intérieur et tombe sur une charmante dame âgée qui m’explique ce qu'est la maison, il s’agit d’un musée . Le musée de la première caisse populaire pour les fermiers de Rustico. J’explique donc à mon tour ce que nous avions compris nous et la dame me dit « t’peux aller chercher c’qu’t’veux dans le jardin. t’prends pas tout mais t’peux prendre tout c’que’t’veux pour manger ».
Par curiosité, je suis allée voir le potager, il était tout petit et devait sans aucun doutes être celui de l'adorable dame, mais nous n'avions pas l'intention de venir ponctionner le fruit de son labeur.
Le petit encart que nous avions vu devait concerner un autre endroit à Rustico. les adresses ne sont pas toujours bien renseignées et ça oblige à fouiner pour essayer de trouver ou alors tomber sur carrément autre chose qui peut-être tout aussi intéressant. Le village étant très étendu: Rustico nord, sud et le reste. Nous en sommes restés là sans toutefois aller visiter le tout petit musée....nous vous rappelons que nous ne sommes pas spécifiquement des afficionados....

Bon tant pis, nous allons manger dans le camion faute d’avoir pu manger les légumes cuisinés dans la maison Doucet.


Nous voilà partis vers notre second choix du prospectus, à Mayfield chez Knitpickerspei ou il semblerait possible d’apprendre à tisser sur les métiers spécifiques de l’île (nous parlons maintenant au conditionnel). Ce coup-ci nous arrivons dans une propriété avec au fond un tout petit bout de mobilhome qui semble être l’endroit que nous cherchons. En guise de grand atelier de tissage auquel nous nous attendions, nous sommes chez un particulier qui a aménagé un micro magasin de laine, quelques pelotes traînent par ci-par là. Même topo que quelques heures plus tôt, nous expliquons ce que nous avions compris. La patronne des lieux nous répond qu’elle peut nous montrer du tricot sur métier si on veut.
Nous comprenons que tous ces petits coins sont surtout conçus pour les rencontres. Les gens ouvrent leurs maisons sous tous les prétextes qu’ils trouvent (ici le tricot). Les automobilistes s'arrêtent et l'occasion est toute trouvée pour tailler un bout de gras tranquillement. Du coup, faute de tissage nous discutons en Franglais avec la dame qui nous présente ses poules et son île.
Nous voulions avoir du contact avec les locaux, nous ne sommes pas en reste  ici !!!!!

Nous avons d'ailleurs appris le soir même, que les gens de l'île sont très curieux. Mais absolument pas dans le sens malsain du mot. Il y a 2 questions qui sont systématiquement posée aux inconnus: "D'où tu viens?" et "Qui est ton père?". L'île n'étant pas grande, les gens sont certains en posant ces questions d'avoir connu au moins quelqu'un de la famille, ce qui sert à alimenter allégrement la conversation!!!

Forts de ces 2 expériences inédites pour nous, nous tablons sur une autre activité pour le soir même.

Comme nous avions quelques heures devant nous, nous en profitons pour aller arpenter les sentiers d'un nouveau Parc National sur l'île de Robinson (la presqu’île plus exactement).






De nombreuses activités et panneaux explicatifs sont disséminés tout au long du sentier et tout le monde en profite pour se lancer dans de nouvelles expériences. Ici, apprendre à faire des noeuds marins.



Il y a de nombreux cocons dans les arbres qui contiennent d'énormes chenilles. Nous restons en retrait ne sachant pas trop si elles sont urticantes comme chez nous.


Un superbe engin ci-dessous! En tournant la manivelle jusqu'à ce que la lumière rouge s'allume, la machine se met en marche. Explications, chants indiens etc...



Nous rentrons vite vite de la randonnée, il est l'heure de nous rendre au rendez-vous suivant.
Le parking de la petite salle des fêtes de Brackley Beach est déjà bien plein lorsque nous arrivons. Nous engloutissons rapidement un petit sandwich avant d'entrer à notre tour.
Nous allons participer à la saison 4 du Dunes-n-Tunes-A-Seaside-Ceilidh  Un concert de musique Celte avec Johnny Ross et ses amis.

La salle est comble lorsque nous arrivons. Nous trouvons nos 3 places sur des chaises le long du mur juste devant la scène. Nous intriguons les gens.
Il ne faut pas longtemps avant que la conversation s'engage entre Monsieur Babzouk et le couple à côté de lui. Ils viennent de l'Ontario et sont en vacances sur l'île. Le monsieur à la carrure impressionnante n'est ni plus ni moins qu'un ancien hockeyeur pro de la ligue juste en dessous de la NHL. Le sujet de discussion est tout trouvé!

19h30 sonnantes le concert commence. Après le premier morceau, Johnny Ross se présente et fait un tour de la salle des fêtes pour savoir d’où viennent les gens. Plus les annonces s'éloignent du village, moins il y a de mains qui se lèvent. Pour en arriver à la fin où nous sommes les seuls à lever la main avec un couple de Brésiliens.Toute l’assemblée nous applaudit.
Nous intriguons beaucoup moins pour le coup, il n'y a plus à nous poser la question pour savoir qui est notre père!!!

Les morceaux s'enchaînent, soit Johnny Ross seul, soit avec Megan la violoniste, soit avec Jordan et Peggy les guitaristes, soit avec Rachael la danseuse de claquettes celtes.

C'est absolument génial, la troupe dégage une énergie sans commune mesure. Toute l'assemblée tape des pieds et frappe dans ses mains. Johnny Ross est complètement déjanté, il tape les pieds sous sont clavier, joue avec les pieds, les fesses. Il est démoniaque sur son clavier. Loïcounet si tu nous lis: j'ai l'impression de te voir sur scène, un petit air de ressemblance (de loin) et les mêmes mimiques! Le top!



Il y a une longue pause entre chaque morceau, ça semble être de coutume ici. Les musiciens parlent d'eux, ils font le tour complet de leur vie. Ou ils habitent, s'ils ont des enfants, leurs âges etc....

Et puis surtout ils racontent des blagues et des anecdotes marrantes qui leur sont arrivées. La salle est hilare et même si nous ne comprenons pas tout, le rire amène le rire. Le fil rouge de la soirée sera le fameux "Qui est ton père?". Il y a toujours quelqu'un dans la salle pour poser cette fameuse question à chaque anecdote racontée par les musiciens.





A l'entracte et à la fin du concert, de nombreuses personnes sont venues simplement nous serrer la main et nous souhaiter la Bienvenue au Canada. Nous ne sommes pas habitués à cette bienveillance et n'arrêtons pas de dire "Qu'est-ce qu'ils sont gentils". La cerise sur le gâteau revient à nos voisins. Ils se lèvent pour s'en aller, nous disent au revoir et le monsieur glisse dans la main de Ptit Babzouk un billet de 20$ en guise de bienvenue pour qu'il s'achète un souvenir du Canada. Nous sommes très gênés, mais ils n'ont pas l'intention qu'il en soit autrement, nous ne pouvons donc refuser un tel geste de générosité. Nous leur donnons en modeste échange une de nos petites cartes de visite du voyage. Le superbe cadeau ayant été fait par un ancien hockeyeur, il servira à acheter une casquette d'un des clubs de NHL. La boucle sera bouclée.

Nous en profitons pour encore les remercier infiniment pour ce geste auquel nous ne sommes pas habitués et également pour l'excellent moment passé en leur compagnie.

Pas la peine d'aller très loin, il nous suffit de fermer les volets pour dormir sur le parking de la petite salle des fêtes sans que ça gêne qui que ce soit.

Le lendemain matin encore renforcés par cette expérience extraordinaire, nous fouinons pour trouver autre chose à faire avant de quitter l'île. Cap au Sud vers le village d'Albany pour aller chez un fauconnier. Zut, les visites ne se font que sur rendez-vous, mais le charmant monsieur nous dit tout de suite que nous pouvons revenir à 16h30 si nous le souhaitons. Oh oui! oh oui!!!
Nous avons quelques heures devant nous et en profitons pour aller nous installer dans le village à la Disney à quelques encablures de là à l'entrée du pont pour profiter d'un réseau pas trop mauvais pour mettre un peu à jour le blog et traînasser un peu.

16h30 tapantes, nous sommes au rendez-vous.
Et là waouh de chez waouh!!! Nous en avons pris plein les mirettes et les oreilles pendant l'heure et demie ou nous sommes restés!!!
Habituellement le fauconnier fait des visites de groupes, mais là nous sommes tous les 3 et il est totalement disponible pour nous. C'est génialissime! Toutes les questions que nous nous posons trouvent leurs réponses dans la bouche de ce passionné.

La première étape de la visite est la présentation d'un de ses faucons, il nous emmène avec lui pour aller le chercher et nous explique de fond en comble comment faire en sorte qu'il ne soit pas stressé et la manière de le manipuler.


L'étape suivante est de le regarder avaler en quelques minutes un petit oiseau à quelques centimètres de nous! Magique!!!
Une fois repu, il nous propose de le prendre sur notre main bien gantée auparavant!










Cette seule expérience vaut le coup et grave des souvenirs inoubliables, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises, loin de là!
Nous ramenons le faucon dans sa cabane et entrons même avec lui à l'intérieur où là l'oiseau est libre juste à côté de nous. Le fauconnier nous explique comment ont été conçues les cabanes pour qu'à toutes heures de la journée les oiseaux peuvent avoir leurs plumes au soleil, ce qui est important pour leur bonne santé.


Nous changeons de cabane pour laisser sortir un autre faucon qui vient directement se poser sur le toit du fourgon, et c'est aussi malheureusement là que l'appareil photo décide de nous lâcher. Quel dégoût et quel dommage de ne pouvoir immortaliser ces moments mémorables :-(((( (depuis il est réparé, mais c'est trop tard pour l'instant présent).

Nous allons dans le champ voisin où le fauconnier nous fait toutes les démonstrations possibles et imaginables dont nous ne pouvions même rêver. Passage au ras de nous, les ailes nous frôlant, prises de proies en l'air, agilité des serres avec des proies par terre.... Que du bonheur!!!
Le fauconnier nous fait participer (ce qu'il ne fait pas habituellement avec les groupes), nos n'osons pas trop abuser de sa gentillesse, mais il insiste sous prétexte d'un bon feeling qui passe entre nous. Bon d'accord!!! Nous pouvons chacun à notre tour et même plusieurs fois prendre le gant et appeler le faucon qui vient se poser sur nos mains. Il n'y a entre l'humain et l'oiseau qu'un rapport de nourriture, absolument rien d'émotionnel, mais l'oiseau est tout de même en confiance avec nous, il reste de longs instants sur nos mains avant de s'envoler ailleurs.

C'est avec regrets mais des images plein la tête que nous regagnons l'enclos ou l'oiseau va aller digérer et se reposer. Nous continuons de discuter et le fauconnier nous apprend comment reconnaître les rapaces que nous pouvons croiser et comment savoir si les oiseaux autres sont en bonne santé ou pas.
Avant de nous en aller, il nous offre à chacun des plumes que nous pouvons choisir et une photo du faucon avec lequel nous avons travaillé. Nous allons les conserver bien précieusement calées à l'intérieur d'un livre.

Magnifique moment, nous ne tarissons pas de le dire...

Nous regagnons notre parking de l'après midi pour y passer la nuit et nous bénéficions d'un somptueux coucher de soleil malgré la proximité de la route.


Le soleil pris entre les piles du pont qui servent de démonstration sur le petit musée à ciel ouvert de sa construction.

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